Les exportations belges ont progressé de 1,9 % au premier semestre 2026, selon les données relayées par la Banque Nationale de Belgique. Ce rebond met fin à trois années consécutives de recul des flux commerciaux et s’accompagne d’un excédent commercial porté à 26,4 milliards d’euros sur la même période.
Excédent commercial belge : ce que signifie un solde positif renforcé
Un excédent commercial se produit lorsque la valeur des exportations dépasse celle des importations sur une période donnée. Pour la Belgique, petite économie ouverte dont le PIB dépend fortement des échanges internationaux, cet indicateur reflète la capacité des entreprises à vendre davantage à l’étranger qu’elles n’achètent.
Au premier semestre 2026, l’excédent commercial atteint 26,4 milliards d’euros. Ce montant traduit un double mouvement : la hausse des exportations et un recul simultané des importations. Le solde ne résulte donc pas uniquement d’une dynamique exportatrice, mais aussi d’un ralentissement de la demande intérieure en biens étrangers.
Cette distinction compte. Un excédent gonflé par la baisse des importations peut signaler un essoufflement de l’investissement ou de la consommation, pas seulement une performance commerciale. Les deux lectures coexistent dans les données actuelles.

Secteurs chimique et plastique : les moteurs de la progression des exportations
La hausse des exportations belges ne se répartit pas uniformément. Les secteurs chimique et plastique concentrent l’essentiel de la dynamique, selon les données de la Banque Nationale relayées par Business AM en août 2026.
La Belgique héberge plusieurs pôles pétrochimiques majeurs, notamment autour du port d’Anvers. Ces installations produisent des intermédiaires chimiques, des polymères et des produits pharmaceutiques exportés vers l’ensemble de l’Union européenne et au-delà.
Pourquoi la chimie domine les flux d’exportation
Les produits chimiques représentent historiquement l’un des trois premiers postes d’exportation du pays. Leur poids dans la balance commerciale amplifie toute variation de prix ou de volume. Une hausse modeste en volume peut générer un effet significatif en valeur si les prix unitaires augmentent en parallèle.
Le secteur plastique suit une logique similaire. Les granulés, films et emballages plastiques fabriqués en Belgique alimentent les chaînes de production européennes. La reprise de la demande industrielle chez certains partenaires commerciaux explique une partie du rebond.
- La chimie fine et les produits pharmaceutiques restent les segments les plus exportés en valeur, avec des flux orientés vers la France, l’Allemagne et les Pays-Bas
- Le plastique bénéficie d’une demande accrue dans l’emballage alimentaire et industriel, deux marchés en croissance sur le semestre
- Les flux énergétiques transitant par les Pays-Bas, notamment le pétrole et le gaz via Rotterdam, gonflent les statistiques du canal néerlandais sans refléter une production belge à proprement parler
Ce dernier point mérite attention. Le transit énergétique via Rotterdam biaise partiellement les chiffres d’exportation vers les Pays-Bas. Les données brutes incluent ces flux, ce qui peut surévaluer la performance réelle des entreprises belges sur ce corridor.
Recul des exportations vers l’Allemagne et la France : un signal de fragilité européenne
Les trois principaux partenaires commerciaux de la Belgique – Allemagne, France et Pays-Bas – absorbent une part considérable des exportations. Les données du dernier trimestre 2025, publiées par la FEB, montraient déjà un recul de 4,2 % des exportations globales par rapport à la même période l’année précédente.
Les exportations vers l’Allemagne avaient alors baissé de 1 %. Un chiffre modeste en apparence, mais révélateur de la situation industrielle allemande. L’industrie allemande souffre de coûts énergétiques élevés qui compriment sa demande en intrants belges.
La France et les Pays-Bas dans une dynamique différente
La France reste un débouché stable pour les services et les produits finis belges, mais la croissance y reste contenue. Les entreprises exportatrices belges qui dépendent du marché français subissent un effet de plafonnement plutôt qu’un recul franc.
Les Pays-Bas présentent un profil particulier. Une partie des exportations comptabilisées correspond à du transit logistique, notamment vers le port de Rotterdam. La progression apparente vers ce pays doit être lue avec prudence, car elle mêle exportations réelles et réexportations de produits en transit.

Suppression du seuil de minimis douanier : un changement réglementaire pour le commerce belge
Depuis le 1er juillet 2026, l’Union européenne a supprimé l’exemption douanière dite de minimis qui permettait aux envois de faible valeur d’entrer sans droits de douane. Le Council Regulation (EU) 2026/382 du 11 février 2026 a instauré à la place une surtaxe forfaitaire de 3 euros sur certains colis.
Pour les entreprises belges actives dans le e-commerce transfrontalier, ce changement modifie le calcul de rentabilité des petits envois. Les exportateurs de colis à faible valeur unitaire doivent désormais intégrer ce coût supplémentaire dans leur prix de vente ou leurs marges.
Impact concret sur les flux d’exportation
Cette mesure vise principalement à réduire l’avantage compétitif des plateformes extra-européennes qui expédiaient des colis de faible valeur sans taxation. Pour les exportateurs belges vers des pays tiers, l’effet reste limité aux envois dont la valeur déclarée se situe sous l’ancien seuil.
Les entreprises qui exportent des produits chimiques, pharmaceutiques ou industriels – segments dominants du commerce extérieur belge – ne sont pas directement concernées. Leurs envois dépassent largement les seuils en question. La mesure touche davantage les PME actives dans la vente en ligne de biens de consommation.
Perspectives du commerce extérieur belge : entre rebond sectoriel et fragilités structurelles
La progression des exportations belges ce trimestre repose sur un nombre restreint de secteurs. La chimie et le plastique portent l’essentiel du rebond, tandis que les marchés européens traditionnels montrent des signes de faiblesse.
La consommation intérieure reste le seul moteur fiable de la croissance belge depuis 2022, comme le souligne la FEB. Les exportations nettes ont contribué négativement à la croissance économique sur la plupart des trimestres récents, à l’exception de 2023.
Le premier semestre 2026 marque une rupture avec cette tendance, mais la durabilité du rebond dépendra de la reprise industrielle en Allemagne, de la stabilité de la demande française et de l’évolution des prix des matières premières chimiques. Un retournement de ces facteurs suffirait à effacer la progression enregistrée.

